
Editorial


Lausanne, serial criseuse, l'éditorial de Fabio Bonavita
Donner sans perdre son âme, l'éditorial de Charaf Abdessemed
L’année dernière, selon les chiffres fournis par Swisstransplant, 1434 personnes se trouvaient sur la liste d’attente. Et 72 d’entre elles sont décédées faute d’avoir pu obtenir un organe compatible. En Suisse, en matière de dons d’organes, nous ne sommes pas très bons. Alors c’est évident, il faut faire quelque chose, remettre l’ouvrage sur le métier pour au bout du chemin, sauver encore plus de vies. Sous la pression d’initiants, le Conseil fédéral a élaboré un contre-projet sur lequel nous nous apprêtons à voter et qui modifie radicalement la logique qui prévaut en matière de dons d’organes. Désormais, si le contre-projet est adopté en votation, toute personne sera considérée comme donneuse potentielle, à moins qu’elle n’en ait explicitement exprimé l’intention contraire. C’est ce que l’on appelle le consentement présumé.
Au-delà du débat sur l’efficacité d’une telle mesure (lire notre article en page 3), le consentement présumé, aussi nobles soient les intentions qu’il implique, pose un problème éthique de fond. Car d’une part, malgré les garde-fous prévus par le Conseil fédéral, il représente une manière déguisée de forcer la main à la population, avec le risque que des personnes non consentantes soient prélevées, et d’autre part il pose une question fondamentale en termes de fonctionnement démocratique. Un législateur qui prendrait l’habitude de considérer que le citoyen est d’accord tant qu’il n’aurait pas explicitement exprimé son opposition ouvrirait à terme la boîte de Pandore d’un régime totalitaire. La cause du don d’organes mérite mieux que cela...

Ces activistes du climat qui font fausse route
Un remède sûrement pire que le mal, l'éditorial de Charaf Abdessemed
C’est un concept nouveau, né en écho à une inquiétude sourde qui ne cesse de monter: l’éco-anxiété désigne en effet le mal-être psychique qui touche un nombre croissant d’entre nous face à ce qui nous attend, si le scénario catastrophe du réchauffement climatique venait à se vérifier: inondations, perturbations irréversibles des écosystèmes, montée des eaux, canicules à répétitions, sans compter les réfugiés climatiques, famines et autre conflits qui ne manqueraient pas d’advenir.
Et dans ce monde où l’on se rend de plus en plus compte que les technologies n’arriveront vraisemblablement pas à conjurer les catastrophes de demain, amplifiées par les médias qui ont flairé un filon d’audience particulièrement addictif, l’éco-anxiété qui converge avec un autre mal contemporain - la peur de la peur -, se vit de plus en plus comme une injonction à agir. Agir dans l’urgence, taper vite et fort tant la fin du monde semble imminente, agir à la limite de la légalité, pour éveiller les consciences et espérer mettre fin à cette peur primale du lendemain qui nous étreint.
Le procédé n’est pas nouveau, tant dans le passé bien des causes ont justifié des démarches de désobéissance civile qui à défaut d’être légales, étaient frappées du sceau de la légitimité supérieure. Avec un risque réel cette fois-ci, celui de voir ces lanceurs d’alerte climatique basculer un jour dans une violence aveugle et un écoterrorisme nihiliste et fanatique tant ils estimeraient n’avoir plus rien à perdre (lire notre article en page 5). Sans prendre conscience qu’une fois de plus, le remède serait pire que le mal.
Balle au centre, l'éditorial de Fabio Bonavita
Après onze ans de domination rose-verte, le Conseil d’Etat vaudois a basculé à droite dimanche dernier. Le gouvernement prend ainsi le même chemin que le Grand Conseil qui restera également à droite ces cinq prochaines années. Une double majorité qui ne devrait pas révolutionner les équilibres politiques. Car, c’est bien connu, en terres vaudoises, on ne gouverne pas au bulldozer. Le fameux duo Broulis-Maillard l’avait compris mieux que personne.
Avec l’élection surprise de la centriste Valérie Dittli, la tentation est cependant grande pour la droite de faire preuve d’une certaine arrogance. Quant à la gauche, elle aura certainement vite fait de se crisper, frustrée de ne pas pouvoir imposer son agenda politique. Dans cet équilibre fragile, il appartient à la jeune Valérie Dittli de sortir de sa position d’otage du PLR et de l’UDC, afin de pleinement jouer son rôle de pivot sur les grands dossiers qui vont occuper le gouvernement vaudois ces prochaines années. Qu’il s’agisse de l’imposition des personnes physiques, de la mobilité, des questions environnementales ou de l’école. En aura-t-elle le savoir-faire et le courage? Et l’envie?
Son manque d’expérience pourrait évidemment lui jouer des tours, mais aussi apporter un vent de fraîcheur dans un gouvernement grandement renouvelé. Seule certitude, elle ne pourra pas faire moins bien que la socialiste Cesla Amarelle dont l’éjection ne doit rien au hasard. Ses vues idéologiques et sa gestion sans pitié de son département ont gangréné son mandat de bout en bout. Son cinglant revers sonne donc comme un juste retour de bâton. A Valérie Dittli donc de démontrer qu’elle mérite pleinement sa chance. Et quel plus beau défi que celui de déjouer tous les pronostics?

En se pinçant le nez... L'éditorial de Charaf Abdessemed

De quoi rester sans voix, l'éditorial de Fabio Bonavita

GHB: tout ça pour ça… L'éditorial de Fabio Bonavita
