
Editorial


Tambouille communale

Une fronde inhabituelle secoue le Pays de Vaud, l'éditorial de Charaf Abdessemed

La vague verte rattrapée par la réalité du marché, l'éditorial de Fabio Bonavita
La balle est dans le camp des partis politiques, l'éditorial de Charaf Abdessemed
C’est vrai, un conseiller communal ne devrait pas faire ça. Traiter un municipal de nazi qui, soit dit en passant, a eu l’élégance de ne pas porter plainte, baser des interpellations sur des faits erronés, proférer des outrances ou des énormités…
Mais que voulez-vous? Dans notre démocratie à plusieurs étages, le conseil communal est LE lieu où monsieur et madame tout-le-monde peut vraiment s’impliquer dans la vie politique, influencer le quotidien, trouver sa place dans la Cité. Malgré les dérapages, pas si nombreux heureusement, c’est précieux car cela représente la garantie que personne n’est laissé au bord du chemin et que chacun peut faire entendre sa voix dans le processus de prise de décision collective.
Réfléchir à une forme d’immunité pour qu’un élu communal puisse être protégé dans l’exercice de son mandat politique est donc à l’évidence souhaitable, d’autant que nombre de questions traitées au Conseil communal de Lausanne relèvent de budgets de plus en plus colossaux, et il est indispensable qu’un élu puisse soulever des lièvres, interpeller les autorités, dénicher des conflits d’intérêt sans avoir à craindre une plainte pénale. Le tout bien sûr sans être exonéré du nécessaire respect de la loi...
Garder l’esprit de milice tout en professionnalisant au moins un peu le travail des conseillers communaux... C’est au fond de cela qu’il s’agit, et c’est aux partis de relever ce défi dans la mesure où il leur appartient d’encadrer et soutenir leurs élus afin de les protéger non seulement des pressions extérieures, mais aussi de leurs propres errements.
Une réunion d’urgence pour sauver le bon pain, l'éditorial de Fabio Bonavita
Cela ne fait pas l’ombre d’un doute, il existe peu de métiers aussi nobles que celui de boulanger. Pour régaler petits et grands, ces artisans passionnés sont prêts à sacrifier leurs week-ends et des horaires réguliers. Quand tout le monde dort encore, ils s’affairent aux fourneaux pour confectionner croissants, pains au chocolat et autres taillés aux greubons.
Ce que l’on sait peu, c’est qu’une boulangerie artisanale meurt chaque semaine en Suisse. La faute notamment à la concurrence féroce du pain industriel vendu dans les stations-service et certaines grandes surfaces. Il faut y ajouter la démocratisation du télétravail qui met à mal le rituel de la viennoiserie achetée avant de se rendre au bureau. Autre inquiétude, le coût des matières premières, farine et beurre en tête, ne cesse de grimper depuis le début de la pandémie.
Jusqu’à présent, les professionnels de la boulange ont peu ou prou réussi à s’adapter à ces nouveaux défis. Mais ce qu’ils vivent en ce moment avec l’explosion des prix de l’électricité (lire en page 3) ressemble à un coup fatal. Des dizaines d’enseignes vaudoises sont déjà menacées de faillite et des milliers d’emplois pourraient passer à la trappe. Malgré la gravité de la situation, les pouvoirs publics continuent de faire la sourde oreille. Cette inconcevable apathie risque de précipiter la chute de ceux qui perpétuent jour après jour la tradition millénaire du bon pain. Avant qu’il ne soit trop tard, il appartient aux politiques de rencontrer les professionnels du secteur afin d’envisager des solutions de sauvetage à très court terme. Faute de quoi, c’est tout un savoir-faire qui partira en miettes...
Cybersécurité: c’est maintenant ou jamais, l'éditorial de Fabio Bonavita
Relocalisation d’un data center, filtrage des communications, surveillance accrue du trafic Internet ou encore investissements dans de nouveaux logiciels, la Ville de Lausanne semble (enfin?) avoir pris la mesure du risque cybersécuritaire auquel elle est exposée en tant que chef-lieu du canton (lire en page 3). Il faut dire que depuis quelques années, la liste des communes romandes touchées par des piratages informatiques ne cesse de s’allonger: Rolle, Montreux, Yverdon ou encore Genève pour ne citer que les plus importantes.
Le rapport publié au début de cette année par le Centre national pour la cybersécurité (NCSC) confirme cette tendance à la multiplication des attaques. Pour la seule année 2022, plus de 34’000 annonces ont été recensées par l’organisme fédéral. Elles concernaient majoritairement des arnaques (20’919), du hameçonnage (4453) et du spam (3344). Autre tendance inquiétante, les appels passés au moyen de numéros falsifiés ont explosé. Le NCSC a reçu plus de 1100 annonces en 2022, contre 26 l’année précédente. Ce bond est dû à une nouvelle tactique employée par des centres d’appels douteux situés à l’étranger.
Quant aux entreprises, elles subissent surtout les assauts du maliciel «Lockbit», connu pour crypter les données et les mettre en ligne en cas de non-paiement d’une rançon. Ce genre d’extorsion a pris de l’ampleur et risque d’en prendre encore en 2023 selon le NCSC. En matière de cybersécurité, la question n’est donc plus de savoir si une entreprise ou une commune va être attaquée, mais quand. Le sursaut cybersécuritaire lausannois apparaît donc comme un choix judicieux.

Une année passionnante et parfois électrique, l'éditorial de Fabio Bonavita

Une rare et éphémère invitation à la lenteur, l'éditorial de Fabio Bonavita
Las Vegas sur Léman? L'éditorial de Charaf Abdessemed
Alors oui, ce serait dommage que Lausanne finisse, un jour, par ressembler à une sorte de Las Vegas sur Léman avec ses échoppes ultra-scintillantes, ses pubs bling bling et ses panneaux publicitaires gigantesques. Mais on en est encore loin et le centre de notre bon vieux chef-lieu cantonal, surtout en hiver, brille plus par sa fadeur que par son éclat…
Depuis la fin de l’année dernière, la Ville de Lausanne via ses nouvelles directives sur les procédés de réclame, met un point d’honneur à limiter toute publicité intempestive dans les vitrines et autres devantures de magasins.
L’objectif, légitime, est celui d’empêcher multinationales et autres grosses entreprises d’avoir massivement recours a des procédés publicitaires démesurés qui, c’est vrai, aboutiraient à enlaidir nos rues par une uniformisation délétère, tant les rues centrales de Paris, Budapest, Prague, Milan, Londres ou Madrid se ressemblent désormais lamentablement.
Pour légitime qu’il soit, cet objectif se trompe, au moins partiellement de cible. Il limite certes le vorace appétit publicitaire des grandes enseignes, mais prétérite gravement l’attractivité des petits commerçants, dont la vitrine représente, certes avec la qualité du service, souvent le premier argument de vente. Dans ce domaine comme tant d’autres, le principe de proportionnalité devrait être appliqué avec autant de zèle que n’en mettent parfois les inspecteurs à faire respecter les règlements communaux.
Car pour un centre-ville, s’il est une chose de pire qu’un commerçant qui fait trop de publicité, c’est bel et bien un commerçant qui fait faillite.