Athletissima: dernier tour de piste après les JO

ENTRETIEN • Le 25 août, deux jours après la fin des JO de Rio, la 41e édition d’Athletissima déployera ses fastes au stade de la Pontai- se. Pour ceux qui auront raté le rendez-vous brésilien, une chance de se rattraper. Le point avec Jacky Delapierre, le patron d’un meeting devenu incontournable.

  • Jacky Delapierre. VERISSIMO

    Jacky Delapierre. VERISSIMO

Lausanne Cités: Il y a quelques semaines, vous avez laissé entendre que le sport n’allait pas bien...

Jacky Delapierre: Le sport va bien, c’est ce qu’il y a autour qui ne va pas bien. Je ne parle pas que de l’athlétisme. Parfois, la gouvernance va mal, même si ces affaires concernent un cercle restreint au sein de La Fédération internationale d’athlétisme (IAAF ). Il n’empêche que les dommages collatéraux sont compliqués pour l’ensemble de l’athlétisme. Je tiens à préciser une chose et elle est importante: la Diamond League est une SA affiliée à l’IAAF, laquelle vit avec son propre budget et avec son propre argent; donc d’un autre côté, nous sommes exclus de ces remous.

Ces problèmes ont surgi en octobre dernier. Comment ont réagi vos partenaires?

Durant trois mois, nous avons rencontré ces partenaires, nous avons discuté avec eux pour les informer que nous n’étions pas liés à ces affaires. Tout s’est bien passé, ils ont compris le message.

Ensuite, de très nombreuses fédérations ont été menacées d’exclusion par l’agence mondiale antidopage…

… sur le plan sportif, cela nous a effectivement compliqué la vie; concernant leur futur, on devrait en savoir plus, j’espère en juin. Le Kenya s’est mis en conformité. Le vivier d’athlètes étant grand, cela ne nuira pas à la confection du plateau d’Athletissima.

Donc, l’athlétisme fait le ménage…

Pour se reconstruire. Par ailleurs, il faudra qu’on m’explique comment fait un type qui joue au foot trois matches par semaine et ceci durant 6 mois. On suspend des personnes dans certains sports, mais les fédérations ne font rien pour changer le système. Ce qui m’agace un peu, ce sont ces demi-mesures qui donnent bonne conscience aux instances.

Pouvez-vous déjà annoncer quelques grands noms qui illumineront Athletissima en août ?

Il y aura bien sûr Renaud Lavillenie (recordman du monde du saut à la perche). À la perche et au saut en hauteur des messieurs, les meilleurs seront là. Cela veut dire que dans les deux virages du stade, il y aura du grand spectacle. Chapitres courses, attendons encore un peu. Je sais où je veux aller mais il faut voir l’état de forme des athlètes.

Et les meilleurs athlètes suisses seront également là...

Oui et pour la première fois à Athletissima, cinq d’entre eux ont signé un contrat avec nous, avec des obligations à la clé. Ce sont Kariem Hussein (400m haies), Lea Sprunger (400m haies), Mujinga Kambundji (sprint), Selina Büchel (800 m) et Noémie Zbären (100m haies).

Et Lea Sprunger est la nouvelle ambassadrice d’Athletissima...

Effectivement. Nous finançons une partie de sa préparation. Ses obligations? Elle doit communiquer le fait qu’Athletissima est un partenaire, être présente dans les points presse, participer à l’entraînement des jeunes et donner des interviews aux partenaires. Cette reconnaissance, elle la reçoit, elle en est ravie. À elle d’en profiter.

Et où en est le futur stade transformé Pierre-de-Coubertin, qui doit être opérationnel en 2019, année où échoit le contrat avec la Diamond League?

Des projets sont en cours d’évaluation, tenant compte des demandes concernant l’environnement. Le 13 mai, un projet sera décidé, puis proposé à la Municipalité. Si le stade n’est pas réalisé en 2019, Athletissima disparaîtra purement et simplement de la carte.