Imaginez qu’en allant faire vos courses le samedi après-midi, vous puissiez y déposer votre enveloppe de vote pour les votations ayant lieu le lendemain. Fatigué d’oublier de poster son enveloppe avant qu’il ne soit trop tard (le jeudi, si l’on veut qu’elle arrive à temps), le Lausannois Camille-Angelo Aglione a imaginé un projet de partenariat avec les commerces pour la récolte des bulletins de vote, qui seraient ensuite amenés au greffe par une personne désignée, le commerçant ou M. Aglione lui-même. Malheureusement, autant la Ville que le Canton l’ont invité à renoncer à son projet pour cause d’illégalité.
Garantir la sécurité du vote
«L’électeur doit exercer son droit de vote en déposant personnellement son bulletin dans l’urne ou en usant personnellement des moyens de vote par correspondance», explique Vincent Duvoisin, juriste au Département des institutions et de la sécurité: «La loi fédérale stipule en effet que «le bulletin de vote ne peut être déposé dans l’urne par un tiers que si la loi cantonale le permet. L’idée est certes intéressante, mais elle est contraire à la loi.»
Ainsi, demander à un membre de sa famille de poster son enveloppe de vote serait illégal ? «De manière très stricte, oui. Mais nous considérons que cela se passe à une petite échelle entre des personnes de confiance. Ces lois garantissent la confidentialité et la sécurité du vote», poursuit Vincent Duvoisin.
Faciliter la vie des gens
En imaginant ce projet, Camille-Angelo Aglione ne pensait pas mettre en branle un débat si complexe: « Je voulais juste faciliter la vie des gens ». Finalement, les risques juridiques encourus ont fini par le convaincre d’abandonner son projet sous sa forme actuelle.
Membre du Parti socialiste lausannois, il avait réfléchi à cette idée hors du cadre politique. Néanmoins, certains de ses collègues semblent intéressés à reprendre la thématique. «Mon but premier avec ce projet était d’amener le débat sur nos moyens actuels de voter.» On dirait que l’objectif est atteint.