<blockquote>«Le volet social proposé par le paquet cantonal est très favorable à la population»</blockquote>
La Réforme RIE III sur laquelle nous allons bientôt voter pour son application vaudoise, aura-t-elle un impact sur les finances d’une ville comme Lausanne ?
En fait, cet impact dépendra des compensations fédérales et cantonales. L’Etat cantonal a donné plusieurs signaux indiquant qu’il comprend la problématique et souhaite améliorer la situation des communes et en particulier de celles qui seront touchées davantage par la réforme. Nous nous en réjouissons et attendons beaucoup des annonces concrètes qui seront faites.
Pourquoi malgré tous leurs efforts, les grandes villes suisses n’ont elles pas pu se faire entendre au moment où cette réforme était encore en cours d’élaboration ?
Les villes suisses, alors qu’elles représentent la majorité de la population suisse, n’ont pas de voix au chapitre au sein des institutions suisses et cela pose problème. Par exemple, la Ville de Zurich en terme de budget est la 3e plus grande collectivité publique du pays après la Confédération et le Canton de Zurich. Pourtant, elle n’a aucun représentant formel aux chambres fédérales contrairement p.ex. à Appenzell RI (AI) qui, avec ses 15’000 habitants, bénéficie d’un siège au Conseil des Etats. Aujourd’hui, nous arrivons ainsi à la limite de la démocratie et du respect du principe selon lequel chaque citoyen a droit à une voix dans le débat démocratique. Avec le déséquilibre évoqué, les citoyens d’AI ont nettement plus de poids que ceux des grands cantons tels que Vaud ou Zurich.
Et comment s’est traduite cette faible représentativité pour RIE III?
Dans le cadre de la réforme de l’imposition des entreprises qui touche massivement les villes, ce déséquilibre des leviers d’action politique est particulièrement patent puisque les Villes n’arrivent pas à se faire entendre. Il en va pourtant de la prospérité économique du pays car si les emplois et la richesse économique ne peuvent plus être produits dans les villes faute de moyens pour les accueillir, c’est l’ensemble du pays qui sera touché.
Concrètement, en tant que responsable socialiste des finances communales, qu’appelez vous à voter le 20 mars prochain pour le référendum lancé contre cette réforme par l’extrême gauche?
Le volet social proposé par le paquet cantonal est très favorable à la population vaudoise et je partage pleinement l’analyse de Pierre-Yves Maillard sur les acquis sociaux obtenus: augmentation des allocations familiales, augmentation du soutien au paiement des primes d’assurances maladie, fonds de protection des travailleurs et développement des places en crèches et garderies. Il est donc essentiel que ces nouvelles prestations puissent être octroyées à la population. Pour le volet fiscal, tout l’enjeu se situe au niveau des compensations proposées pour les communes.