La voix permet de communiquer, de se faire entendre, d’exister. Elle est le révélateur de nos émotions, de nos joies, de nos angoisses. Mais pour qu’elle puisse s’épanouir vraiment, elle doit trouver la voie qui va l’optimiser. Qui va l’aider à se mettre véritablement en place. Qu’il s’agisse de chanter, de déclamer ou tout simplement de parler.
La passion de la voix
C’est ce à quoi travaille Robin De Haas grâce à une méthode inédite. Passionné par la voix, ce jeune Lausannois s’est tourné très tôt vers le chant classique, mais s’est montré très vite insatisfait par ce qu’on lui apprenait. «Ce qu’on me disait n’était pas précis. Et personne n’était capable d’identifier d’où provenaient certains de mes blocages quand je chantais», se souvient-il.
Ce qui ne l’empêchera pas de décrocher un Diplôme d’enseignement vocal à la Haute Ecole de Musique de Lausanne, puis d’enseigner à son tour le chant et de poursuivre sa quête de la technique. L’objectif était de mieux mettre en valeur le souffle et la voix, une technique qu’il subodore et ferait appel au toucher, mais qu’il n’arrive pas encore à véritablement décliner.
Le déclic survient un peu plus tard, aux Etats-Unis, avec la rencontre de Lynn Martin, professeur de coordination respiratoire et d’anatomie fonctionnelle à la New York University. «Ce que j’avais ressenti intuitivement m’est soudain apparu très clairement. Pour moi, ça a été comme une illumination, explique-t-il. Après ma première séance de travail avec elle, ma voix répondait très bien, mais c’est surtout la sorte de plénitude corporelle dans laquelle je me trouvais qui m’a littéralement sidéré.»
Une technique inédite
Débute alors une fructueuse collaboration qui lui permet de développer cette technique inspirée de Carl Stough, un autre professeur, avec qui Lynn Martin a très longtemps travaillé. A savoir une approche qui vise à recoordonner tous les muscles impliqués dans les mouvements d’air vers l’intérieur et l’extérieur des poumons, avec une attention toute particulière pour le diaphragme qui est le muscle premier du système respiratoire.
«Cette technique nécessite une connaissance approfondie du corps humain et de tout ce qui entre dans le circuit de la formation du son», précise Robin De Haas. «Elle influence non seulement l’état fonctionnel du système respiratoire, mais aussi la personne en elle-même.»
Des résultats inespérés
Aux Etats-Unis, elle a permis d’améliorer, au-delà de ce qui était imaginable, des malades atteints d’affections pulmonaires.
Elle a aussi accompagné les sportifs de l’équipe olympique américaine dans leur préparation aux JO de Mexico et a servi de technique de soutien à nombre de musiciens, de chanteurs, de conférenciers et de comédiens de tous bords.
«Ses mots aussi passionnés que passionnants m’ont ouvert la porte de la liberté vocale», témoigne l’humoriste Yann Lambiel qui a travaillé durant une année avec Robin De Haas. «Il m’aide à tracer mon chemin personnel», soutient pour sa part Garet James Hall, un jeune chanteur lausannois qui débute sa carrière.
Robin De Haas collabore aujourd’hui avec de nombreux membres du corps médical dans l’application de ses concepts pour des cas pathologiques. Il y a peu, il publiait «La Voie de la Voix» aux éditions Favre et vient juste de rentrer d’Hollywood où il a fait connaître sa formation de Coordination Respiratoire dans la plus grande école d’acteurs de la ville. Robin de Haas, «La Voie de la Voix», Editions Favre. Le jeune Garet James Hall donnera son premier concert le 6 novembre au Kiss Club, rue la Borde 3B, à Lausanne.