«J’ai donné le meilleur de moi-même!»

TENNIS • Alors que le tournoi de Roland Garros vient de fermer ses portes, l’ancien arbitre internatio- nal Milan Sterba décide de raccrocher. Le Lausannois veut passer à autre chose, mais sa passion pour le tennis demeure intacte.

  • Milan Sterba apprécie tout particulièrement Rafael Nadal. WULLSCHEGER

    Milan Sterba apprécie tout particulièrement Rafael Nadal. WULLSCHEGER

Chez lui, c’est un musée du tennis. Il faut dire que durant 25 ans - de 1980 à 2005 - Milan Sterba, né en en 1944, d’origine tchèque, mais citoyen suisse depuis 1986, a servi ce sport, comme arbitre international. Dans son pays, il a été joueur de handball, puis gardien de hockey sur glace. «À un petit niveau», précise-t-il. Le tennis, il l’a pratiqué, un peu. « J’avais effectué un stage au Monte-Carlo Country Club.»

Avec les plus grands

Au gré de ses souvenirs, Milan Sterba va décrocher un tableau, une photo, un serre-tête, celui de Nadal, que lui a donné le Majorquin à Monte-Carlo, en 2005 ou en 2006. Le citoyen lausannois a arbitré les plus grands. Il a à son compteur quinze Grand Chelem (12 Roland-Garros, 2 Open d’Australie et un Wimbledon) et d’innombrables autres tournois. «Et un Master à New York en 1985.» Sur les photos, il y a des dédicaces ou des mots sympas, toujours reconnaissants. «Le premier grand joueur que j’ai arbitré, c’est Borg et le dernier, Nadal.»

On chicane Milan Sterba. «Êtes-vous devenu arbitre international pour masquer votre frustration de ne pas avoir été un joueur reconnu, parce que vous êtes envieux de la célébrité des autres ? «Du tac au tac, il répond avec la douceur caractérisant l’ancien éducateur spécialisé qu’il a été: «Pas du tout. L’envie, la jalousie, la frustration, ça n’existe pas. L’arbitre? Il est nécessaire, sa mission est de diriger un match entre stars, pour qu’il se déroule bien.» Il a arbitré des hommes mais aussi des femmes. «Dans le tennis masculin, poursuit-il, on ne fait pas (trop) confiance aux arbitres femmes. Les joueuses, elles, préfèrent être arbitrées par des hommes.» Milan Sterba va chercher une veste. Souvenir qui n’a pas de prix. «Je l’ai reçue à Wimbledon. C’était en 1986, j’étais arbitre l’année du centenaire du tournoi. On m’en a fait cadeau.»

La limite d’âge

Dans le monde du tennis, Milan Sterba, atteint par la limite d’âge et parce qu’il veut passer à autre chose, a tiré sa révérence. «C’était ma vie, j’ai donné le meilleur de moi-même, j’étais apprécié par les joueur. Je veux sortir en laissant une bonne image. Je ne suis pas quelqu’un qui s’accroche.» Un regard sur le tennis d’aujourd’hui? «Il y a une complicité entre les directeurs de tournoi, les superviseurs, les dirigeants pour que les joueurs gagnent plus facilement de l’argent.» Il vient de rentrer de Roland-Garros. Un peu déçu. Il y était allé pour encourager Rafael Nadal, car les deux hommes se connaissent... et s’apprécient. Mais le Majorquin a vite quitté le tournoi. Sur blessure.